Un bon prompt commercial tient en quatre parties : le contexte de votre vente, l’objectif de la réponse, les contraintes à respecter et le format attendu. Sans elles, l’assistant rend un texte qui irait à n’importe quel prospect.
Vous trouverez ici cette structure, puis cinq exemples de prompts à adapter : préparer un rendez-vous, structurer un argumentaire, reformuler une objection, résumer un échange et préparer une relance. Viennent ensuite les vérifications à faire avant d’utiliser une réponse, et ce que vous ne devez jamais coller dans un outil d’IA.
Ces prompts fonctionnent dans la plupart des assistants conversationnels, qu’il s’agisse de ChatGPT, Copilot, Gemini, Le Chat ou d’un autre. Utilisez celui que votre entreprise autorise.
La structure d’un prompt commercial efficace
Un assistant d’IA générative ne connaît ni votre offre, ni votre prospect, ni votre façon de vendre. La CNIL rappelle que ces modèles ne sont pas des bases de connaissance : ils produisent le résultat le plus probable au regard de leurs données d’entraînement. Quand une information lui manque, l’assistant la comble avec ce qu’il a vu le plus souvent.
Partie | Ce que vous écrivez | Exemple fictif |
|---|---|---|
Contexte | Qui vous êtes, ce que vous vendez, à qui, et la situation de ce dossier | « Je vends un logiciel de planning à des entreprises de nettoyage de 20 à 100 salariés. » |
Objectif | Ce que la réponse doit vous permettre d’obtenir | « Obtenir un deuxième rendez-vous avec le directeur d’exploitation. » |
Contraintes | Ce que l’assistant doit respecter ou s’interdire | « N’invente aucun chiffre. Si une information manque, dis-le. » |
Format | La forme exacte de la réponse | « Huit questions ouvertes, une ligne chacune. » |
Deux consignes limitent les réponses génériques. Demandez à l’assistant de signaler ce qui lui manque plutôt que de le supposer. Donnez-lui un ou deux messages que vous avez écrits vous-même, pour qu’il reprenne votre ton.
Si la première réponse ne convient pas, précisez au lieu de tout recommencer : « plus court », « retire ce qui pourrait s’appliquer à une autre entreprise », « reprends les mots du client ».

Cinq exemples de prompts pour commerciaux
Les prompts ci-dessous sont des exemples. Remplacez les éléments entre crochets par votre situation. Ils ne contiennent aucun nom de personne, et c’est volontaire.
1. Préparer un rendez-vous de découverte
À lancer la veille d’un premier rendez-vous, une fois vos notes réunies. Le prompt prépare des questions et des hypothèses, pas un argumentaire.
Exemple de prompt : « Je suis [votre fonction] chez [votre entreprise], qui propose [votre offre en une phrase] à [vos clients types]. Demain, j’ai un premier rendez-vous de [durée] avec [le rôle de l’interlocuteur] d’une entreprise de [secteur, taille]. Voici ce que je sais, sans nom ni coordonnées : [vos notes, ce que dit leur site]. Objectif : comprendre leur problème et convenir d’une prochaine étape. Propose trois hypothèses à vérifier, huit questions ouvertes classées de la situation aux conséquences, et les deux objections les plus probables. N’invente aucune information sur l’entreprise ; si un élément manque, signale-le. Format : trois listes courtes, une page au maximum. »
À vérifier : chaque question est ouverte et vous ne pourriez pas y répondre en lisant leur site. Aucune information sur l’entreprise ne s’est ajoutée sans que vous l’ayez fournie.
2. Structurer un argumentaire
À lancer après la découverte, avant le deuxième rendez-vous ou la proposition écrite. L’argumentaire part de ce que le prospect a dit, pas de votre plaquette.
Exemple de prompt : « Je vends [votre offre] à [vos clients types]. En rendez-vous, [le rôle de l’interlocuteur] m’a décrit, dans ses mots : son problème [ce qu’il a dit], ses conséquences [ce que cela entraîne], ce que cela lui coûte selon lui [montant ou temps] et ses critères de décision [ses critères]. Mon offre comprend : [les éléments, point par point]. Objectif : présenter ma proposition pour qu’il relie mon prix au coût de son problème. Pour chaque élément de l’offre, indique à quel point de sa situation il répond ; retire ceux qui ne répondent à rien. Propose un ordre : problème, coût, solution, changements attendus, prix, prochaine étape. Signale chaque affirmation qui demanderait une preuve que je ne t’ai pas donnée. Aucun superlatif, aucune référence client inventée. Format : six points de trois phrases au maximum. »
À vérifier : chaque bénéfice se rattache à une phrase du prospect. Les chiffres sont les siens, ni arrondis ni gonflés.
3. Reformuler une objection
À utiliser pour préparer une réponse écrite ou s’entraîner avant un appel. La reformulation montre que vous avez compris, avant toute réponse.
Exemple de prompt : « [Le rôle de l’interlocuteur] d’une entreprise de [secteur] m’a répondu : “[l’objection, mot pour mot]”. Contexte : [où en est la discussion, ce qu’il a déjà dit]. Objectif : montrer que j’ai compris, puis rouvrir la conversation sans me justifier ni baisser mon prix. Propose une reformulation de l’objection en une phrase, deux questions pour comprendre ce qu’elle recouvre, puis une proposition de suite. Ton direct, phrases courtes, vouvoiement. Format : trois versions de trois phrases. »
À vérifier : la reformulation ne déforme pas ce qu’a dit le prospect. Aucune version ne promet un délai, une remise ou un résultat que vous n’avez pas décidé.
4. Résumer un échange
À lancer juste après un rendez-vous, pour le compte rendu interne ou le message de suivi. Partez de vos notes plutôt que d’un enregistrement ou d’une transcription : la voix est une donnée personnelle, et une transcription contient souvent des noms.
Exemple de prompt : « Voici mes notes d’un rendez-vous avec [le rôle de l’interlocuteur] d’une entreprise de [secteur], noms et chiffres confidentiels retirés : [vos notes]. Objectif : un compte rendu court que je pourrai corriger puis envoyer. Classe-les en quatre rubriques : besoin exprimé, points d’accord, questions en suspens, prochaine étape avec date et responsable. N’ajoute rien qui ne figure pas dans mes notes ; marque « à confirmer » ce qui est ambigu. Format : listes courtes, dix lignes au maximum. »
À vérifier : les dates, les engagements et les prochaines étapes correspondent à ce qui a été dit. Les éléments marqués « à confirmer » sont tranchés avant l’envoi.
5. Préparer une relance
À lancer quand une proposition reste sans réponse. La relance rappelle l’enjeu du prospect et apporte un élément nouveau, au lieu de demander simplement des nouvelles.
Exemple de prompt : « J’ai envoyé une proposition à [le rôle de l’interlocuteur] d’une entreprise de [secteur] il y a [délai], sans réponse. Contexte : [ce qui a été dit en rendez-vous, l’enjeu pour lui, la prochaine étape prévue]. Objectif : obtenir une réponse, même négative. Rédige une relance de cinq phrases au maximum qui rappelle l’enjeu dans ses mots, apporte cet élément nouveau : [un élément réel et utile], et termine par une question simple sur la suite. Pas de formule toute faite, pas d’urgence artificielle. Format : deux versions, une pour un courriel, une pour un message LinkedIn. »
À vérifier : l’élément nouveau existe vraiment et le ton est le vôtre. Si vous ne l’enverriez pas tel quel à un client que vous connaissez, réécrivez-le.
Vérifier la réponse avant de l’utiliser
Les systèmes d’IA générative peuvent produire des résultats inexacts qui paraissent pourtant plausibles. La CNIL recommande de toujours porter un regard critique sur ce qu’ils produisent et de ne jamais reprendre leurs réponses telles quelles. Ses questions-réponses sur l’usage de l’IA générative détaillent ces points.
Avant d’envoyer ou de dire quoi que ce soit en rendez-vous, contrôlez :
- Les faits, chiffres, noms et dates : chacun vient de vous ou d’une source que vous avez vérifiée.
- Ce que la réponse affirme sur le prospect : rien ne doit s’y trouver que vous n’ayez pas fourni.
- Les engagements : délais, remises et résultats sont ceux que vous pouvez tenir.
- L’originalité : le texte ne reprend pas mot pour mot un contenu existant.
- Le ton : le message ressemble à ce que vous écririez, sans formules creuses.
C’est vous qui envoyez le message, et votre entreprise qui en répond. La CNIL rappelle que l’organisme utilisateur engage en général sa responsabilité en cas de mauvaise utilisation de l’IA par son personnel.
Ce que vous ne devez pas coller dans un outil d’IA
La CNIL pose une règle de base : ne soumettez à un assistant que des informations que vous êtes autorisé à partager. Dans un service grand public, ne partagez jamais d’informations confidentielles, comme des données personnelles ou des données de l’entreprise couvertes par un secret, dont le secret des affaires.
Une donnée personnelle est toute information se rapportant à une personne identifiée ou identifiable : son nom, mais aussi son numéro de téléphone, son adresse électronique, sa voix ou son image. Le recoupement de plusieurs détails peut suffire à reconnaître quelqu’un. Les coordonnées générales d’une entreprise, comme son standard ou une adresse de contact générique, n’en sont pas en principe.

En pratique :
- Désignez chaque personne par son rôle : « la responsable achats » plutôt que son nom.
- Retirez les coordonnées et les détails qui, recoupés, permettraient de l’identifier.
- Ne collez ni les documents internes d’un client, ni les chiffres qu’il vous a confiés, ni les conditions accordées à un autre client.
- Utilisez l’outil et le compte que votre entreprise autorise. Pour des usages non confidentiels, la CNIL estime qu’un service grand public peut être envisagé avec des garanties : un compte ouvert avec une adresse professionnelle et, si le réglage existe, la réutilisation de vos données par le fournisseur désactivée.
- Si votre entreprise a fixé des règles d’usage, elles s’appliquent en premier. En cas de doute, ne collez pas.
Ces règles s’inscrivent aussi dans l’obligation de maîtrise de l’IA prévue par le droit européen. Notre article sur l’AI Act et la maîtrise de l’IA en entreprise explique ce que l’article 4 demande aux employeurs.
Construire votre bibliothèque de prompts
Un prompt qui a donné une bonne réponse mérite d’être conservé. Notez-le avec ce que vous avez corrigé dans la réponse : c’est cette correction qui améliore la version suivante.
Rédigez aussi une fois pour toutes votre bloc de contexte : votre offre en une phrase, vos clients types, votre ton et ce que vous refusez d’écrire. Collez-le en tête de chaque prompt. Dans une équipe, partagez ces modèles. La CNIL suggère d’ailleurs aux entreprises de mettre à disposition des « prompts types » pour des tâches bien identifiées.
Revoyez la bibliothèque quand votre offre, vos prix ou vos cibles changent. Un prompt qui décrit une ancienne offre produit des réponses fausses avec la même assurance.
Se former à l’IA appliquée à la vente
Chez Avena, le parcours IA Boost travaille cette méthode sur vos propres dossiers : choisir les outils adaptés, structurer une instruction, préparer entretiens, argumentaires et réponses aux objections, rédiger messages et comptes rendus, puis vérifier les résultats. Vous repartez avec votre bibliothèque de prompts et vos règles de vérification.
IA Boost n’est pas éligible au CPF. Une prise en charge peut être étudiée avec votre OPCO, selon ses critères : consultez notre page Financement des formations.
Informations vérifiées le 22 octobre 2026. Les recommandations de la CNIL et les conditions d’utilisation des outils peuvent évoluer : relisez les règles de votre entreprise avant de changer d’outil.
